Libre propos

Publié le par Le Précurseur

LIBRES PROPOS

 

QUELLE PAIX EN AFRIQUE, AVEC UN PROTOCOLE TEL CELUI DE MAUTO ?

 

            En 2003 s’est tenu à Maputo au Mozambique la 2ème session ordinaire de la Conférence de l’Union Africaine. Réunis pour traiter des droits des femmes, les Etats présents ont adopté un protocole à l’issue de leurs travaux. Ce protocole presque inconnu des populations est intitulé : « protocole de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des femmes. » ou « protocole de Maputo. » Celui-ci fut adopté le 11 juillet 2003, puis signé et déjà ratifié par plusieurs Etats africains. Inutile pour nous de reprendre ce qui nous est, à raison, à tort ou à travers, raconté dans ce protocole. Nous nous proposons seulement de faire remarquer qu’en dépit de son caractère bienfaisant qui promeut les droits de la femme, celui-ci semble être plutôt une astuce décorée pour pouvoir dire du bien d’un mal intrinsèquement pervers.

 

            Loin s’en faut qu’en lisant le fameux protocole de Maputo, notre attention, de commun accord avec notre sensibilité humaine et chrétienne, n’a pas pu ne se retenir devant quelques articles dudit protocole qui de façon voilée autorisent et légitiment des pratiques foncièrement contraires à la volonté divine et aux valeurs humaines. Il s’agit des articles 4 et 14, traitant des droits à la vie, à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction. Les compréhensions que nous avions eu de ces articles nous font percevoir qu’en effet, le Protocole de Maputo véhicule les germes de ce qu’on a appelé : « La culture de la mort. » Que trouve-t-on dans ces articles ? Rien de tel qu’une légalisation de « meurtre ». Oui ! Les articles 4. 1c et 14. 2c du Protocole de Maputo engage les Etats partis à : « protéger les droits reproductifs des femmes » ce qui est une très bonne chose. Seulement, par quel moyen ? Eh bien : « en autorisant particulièrement l’avortement médicalisé en cas d’agression, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère, ou du fœtus. » Outre cela, l’article 14. 1c autorise le libre choix des méthodes de contraception, incluant par là même toutes les méthodes non naturelles.

 

            Ceci étant, nous avons tenté de cerner le sens réel de quelques mots tels que : le viol, la santé mentale de la femme, etc. Sur ce, il ressort du Petit Larousse que le viol désigne la relation sexuelle imposée par la contrainte. Vous conviendrez avec nous que la simple absence de consentement sur l’acte sexuel, même au sein du couple, est juridiquement comme un viol donc un crime. Pour ce qui est de la santé mentale, notant que celle-ci est en danger lorsqu’il n’y a des perturbations biologiques et psychiques sur un organisme. Vu de la sorte, la santé mentale englobe le stress et tout autre effet de nervosité. Ainsi, une autorisation de l’avortement pour ces cas n’est en fait qu’une libéralisation de l’avortement en général c'est-à-dire pour toutes les circonstances.

 

            Il est bien dommage que de nombreuses personnes ne perçoivent aucun danger face à de telles décisions car, en fait de compte, tout le nœud du problème résulte en la conception qu’on a du mot « avortement ». En effet, il y a des élucubrations farfelues de quelques cerveaux enrhumés qui le définissent simplement comme l’action d’expulser un embryon ou un foetus avant le moment où il devient viable. Une telle définition s’avère dangereuse en ce sens qu’elle nie à l’embryon le titre inaliénable de personne. Or pour ce sujet, le débat est clos puisque le fœtus ou l’embryon porte la vie dès le premier instant de sa conception et l’Eglise catholique précise même : « puisqu’il doit être traité comme une personne, dès la conception l’embryon devra être défendu dans son intégrité, soigné et guéri, dans la mesure du possible comme tout autre être humain. » (C.E.C. N° 2274).

            Sur ce, il faut plutôt comprendre l’avortement comme la gravité de ce mal qui porte atteinte à la vie de l’enfant dans le sein de sa mère. C’est donc un meurtre puisqu’il est l’interruption d’une vie humaine autonome, et la loi de l’Eglise catholique prévoit même l’excommunication laetæ sententiae pour tous ceux qui pratiquent l’avortement ou en sont complices, c'est-à-dire les médecins, les sages-femmes, les pharmaciens, les parents, etc. (canon 1398). Pour l’Eglise, ce crime de l’avortement est assimilable à l’homicide. Et le pape Paul VI dans on Encyclique « Humanum Vitae » déclarait : « qu’est absolument à exclure, comme moyen licite e de régulation des naissances l’interruption directe du processus de génération déjà engagée, et surtout l’avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques. » (HV N° 14). Notons que la position de l’Eglise sur l’avortement est assez claire  pour que l’on n’ait pas à insister.

 

            Toutefois, il sied de souligner, s’agissant du protocole de Maputo que celui-ci non seulement autorise l’avortement, mais en plus aborde la femme non pas d’abord comme épouse, mère et fille, c'est-à-dire dans ses relations humaines fondamentales d’amour et de communion selon le dessein de Dieu son créateur, mais plutôt comme citoyenne et individu jouissant de droits égaux et poursuivant ses intérêts. Une telle approche de la femme ne va pas sans danger car finalement selon le protocole de Maputo la femme seule apparaît comme le premier responsable et même l’auteur incontournable de la vie. Ce qui lui donne, à elle seule le droit de décider de l’avenir du fœtus qu’elle peut porter. C’est là une autre aberration que de vouloir retirer au couple le droit irremplaçable et inviolable de parents, pour ne la reconnaître qu’à la femme. A quel type de société voudrait aboutir le protocole de Maputo ? Quelle paix peut-on attendre en Afrique avec de telles conceptions ?

 

            Somme toute, ceci n’a été qu’un simple cri de cœur, lancé aux fils et filles d’Afrique soucieux de l’avenir du continent afin que cette sensibilisation se poursuive même de bouche à oreille jusqu’aux extrémités du monde. Nous ne saurions terminer sans faire savoir qu’à ce jour, 20 Etats africains ont déjà ratifié le protocole, introduisant par là même le droit à l’avortement dans leur pays. 24 Etats ont déjà signé mais n’ont pas encore ratifié. Et donc, seuls 9 pays sur les 53 membres de l’Union Africaine n’ont pas signé. Cela est d’autant plus alarmant que nous sommes en train de faillir au constat du pape Jean Paul II à son Eminence le Cardinal Bernadin GANTIN : « voyant que la proportion des jeunes en Afrique dépasse infiniment la tranche adulte, dans une occasion le pape Jean Paul II me dit : l’Afrique aime la vie. »[1]

 

            Quand on voit comment les africains s’entretuent à travers les multiples guerres devenues presque familières à l’Afrique, sans compter l’égoïsme caractérisé par l’accumulation de biens publics par quelques individus tandis qu’autour d’eux, les gens meurent de faim, et qu’à cela  vienne s’ajouter une légalisation de meurtre par avortement, il y a lieu de se demander de nos jours : quelle Afrique aime-t-elle la vie ?

 

 

Wensceslas Daleb MPASSI 6ème Année

 



[1] Cardinal Bernadin GANTIN, Interview in Bulletin Salésien, AFO, N°2, juillet 2006, P. 19.

Publié dans Libres propos

Commenter cet article