Libres Popos: le mariage des prêtres.

Publié le par Le Précurseur


Le mariage des prêtres

 

           
L
e mariage des prêtres est un problème qui ne date pas d’aujourd’hui. Plusieurs

personnes de l’Eglise catholique (Monseigneur Emmanuel MELINGO, Zambie) ont

déposé des requêtes pour obtenir l’autorisation du mariage des prêtres. Au regard des

prêtres ou les guides des autres religions qui sont mariés, qui ont des familles et font

correctement, disons leur boulot, en quoi les prêtres catholiques ne pourraient pas le

faire en étant mariés? La conception contemporaine est qu’il est temps pour l’Eglise de

se moderniser et de vivre avec son temps. Le célibat sacerdotal est de fait remise en

cause. C’est un réel problème au sein de l’Eglise catholique.


 

            Le problème majeur du célibat des prêtres, c’est qu’il se heurte à

une conception hédoniste de l’homme, conception selon laquelle le sexe serait

un besoin primaire au même titre que manger, boire…. Autrement dit, la

recherche du plaisir serait le fondement de la vie.


Certains même partent des bases scripturaires pour décrier le célibat des

prêtres. D’autant plus que saint Pierre était marié; et que dans les épîtres il

est dit que pour le choix d’un presbytre, il convenait de choisir de

 

préférence un homme marié, à condition qu’il n’ait qu’une seule femme et qu’il

 

ait bien élevé ses enfants. (1Tm 3, 1-7) Au regard de certains  prêtres

 

accusés de pédophilie ou de viols, certaines personnes estiment que le

 

mariage des prêtres serait un moyen pour résoudre le problème. Mais est-

 

ce la meilleure solution?

 

 

Le célibat n’est pas une invention de l’Eglise. Il vient de la tradition

apostolique, qui elle-même se réfère au Christ et l’Eglise ne peut le

conto
urner. C’est un héritage.

Entre les années 300-303, le synode d’Elvire prescrit en son canon 27

qu’un évêque, comme tout autre clerc ne doit avoir auprès de lui qu’une sœur

ou une vierge consacrée. Il a été établi qu’il ne doit absolument pas avoir

auprès de lui une étrangère. Au canon 33, il a été décidé de façon générale

l’interdiction suivante aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aussi qu’à

tous les clercs qui exercent un ministère: qu’ils s’abstiennent de leur épouse

et n’engendrent pas d’enfants; ceux qui l’auront fait devront être éloignés

de l’état clérical. (H. Denzinger, Enchiridion symbolorum definitionum et

declarationum de rebus fidei et morum, ed. P.Hünermann, Bologne, 1995, nn


118-119
)

En 390, le concile de Carthage disait qu’il fallait que ceux qui sont au

service des mystères divins soient parfaitement continents (continentes

esse in omnibus) afin que ce qu’ont enseigné les apôtres et a maintenu

l’antiquité elle-même, nous l’observions nous aussi. (I. de la Potterie, Le

fondement biblique du célibat sacerdotal, in Solo per amore; reflessioni sul

celibato sacerdolate, Cinisello balsamo, 1993, pp 14-15
)


Aussi le Pape Sirice (384-399), dans sa lettre à l’évêque Imerius de

Tarragone, en date du 10/02/385, affirmait: «Le Seigneur Jésus voulait

que de la figure de l’Eglise dont il est l’époux, émane la splendeur de la

chasteté, nous tous prêtres sommes liés en vertu de la loi indissoluble

de ce
s dispositions, afin qu’à partir du jour de notre ordination, nous confions

tant nos cœurs que nos corps à la sobriété et à la pudeur, pour plaire au

Seigneur notre Dieu dans les sacrifices que nous nous offrons chaque jour.» (H. Denzinger, op cit, n°185)

 


Le concile Latran I de 1123, au canon 3, a interdit de la façon la plus absolue

aux prêtres, aux  diacres et aux sous-diacres, de vivre avec leur concubine

 ou épouse et d’habiter avec des femmes (Ibidem, n°711).

Le problème du célibat ne date vraiment pas d’aujourd’hui.  Avant

 même d’être une disposition canonique, il est un don de Dieu à son Eglise;

c’est une question liée au dévouement total au Seigneur. En gardant la

virginité ou le célibat pour le royaume des cieux, les prêtres se consacrent

au Christ d’une manière nouvelle et privilégiée; il leur est plus facile de

 s’attacher à lui sans que leur cœur soit partagé. (Presbytorum ordinis n°16)

 

C’est pourquoi,«convaincue des profondes motivations théologiques et

pastorales qui soutiennent le rapport entre célibat et sacerdoce, éclairée

par le témoignage qui en confirme encore aujourd’hui, malgré des cas

douloureux, la validité spirituelle et évangélique dans tant de vies

sacerdotales, l’Eglise a réaffirmé durant le concile Vatican II et dans le Magistère pontifical postérieur sa ferme volonté de maintenir la loi qui exige le célibat perpétuel librement choisi pour les candidats à l’ordination sacerdotale dans le rite latin; le célibat en effet est un don que l’Eglise a reçu et sur lequel elle veut veiller, convaincue qu’il est un bien pour elle-même et pour le monde.» (Directoire pour le ministère et la vie des prêtres, n°57)

 

Pourquoi vouloir que l’Eglise balaie du revers de sa main sa tradition au profit de notre conception actuelle sur le célibat? C’est ainsi que malgré les critiques, le Pape Benoit XVI, à la suite de son prédécesseur, a réaffirmé le 16 novembre 2006, la valeur du célibat et déclaré clos dans l’Eglise catholique le débat sur le mariage des prêtres. Il souligne en outre que le sacrement de l’ordre n’est pas brisé par un prêtre marié.

            Drôle alors que de nos jours des non catholiques veuillent reformer l’Église dans ses dispositions disciplinaires!

Roméo BICABA

 4ème Année

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