Crise économique et lutte contre la pauvreté

Publié le par Le Précurseur

Crise économique et lutte contre la pauvreté

S’il y a bien un mot qui pend sur toutes les lèvres ces derniers temps, c’est, à n’en pas douter « la vie chère ». Ce groupe nominal plus ou moins déroutant est pratiquement devenu le maître mot excusant tous nos maux ou les justifiant. Ces derniers jours, il y a un branle-bas de toute la communauté internationale pour lutter contre la fameuse crise économique. En fait, de communauté internationale, disons qu’il s’agit plutôt des soi-disant leaders économiques ou puissances économiques jouant le rôle de locomotive du monde. Comme nous le savons, quand l’Occident éternue, l’Afrique ne peut qu’être enrhumée et cela avec toutes les conséquences du rhume. Alors posons la balle à terre ! Quels sont les enjeux de ce second avènement du jeudi noir de Wall Street de 1929 ? Quand on n’hésite pas à focaliser toutes les énergies sur cette crise allant jusqu’à investir des sommes colossales pour relever des banques pendant qu’une grande partie de la population n’a besoin que du tiers de ces investissements pour retrouver le sourire, n’y a-t-il pas lieu de se poser de sérieuses questions ? Jusqu’où peut aller l’injustice humaine ? Les uns couvrent leurs arrières tandis que les autres meurent faute du nécessaire vital. Ainsi crise économique et lutte contre la pauvreté, la question du binôme vaut la peine d’être posée. Y a-t-il encore place pour le pauvre dans ce monde de prédateurs ? L’ex-ministre britannique Margaret Thatcher n’aurait-elle pas raison, elle qui affirmait que le pauvre devait mourir ? Depuis un certain temps les yeux sont désormais rivés sur les Etats-Unis (USA) d’où l’on espère le salut surtout avec l’entrée triomphale et triomphante du « messie » Barrack Obama, l’homme de tous. Maintenant donc que Obama va prendre les rênes de l’eldorado mondial, ses frères de couleur espèrent des lendemains meilleurs avec pourquoi pas des visas d’entrée et de sortie aux USA, ce pays continent tant rêvé par de nombreux jeunes. Ne peut-on pas d’ailleurs crier victoire dès à présent ? Allons ! Ne mettons pas la charrue avant les bœufs, car les conséquences pourraient être très fâcheuses. Obama est noir certes et même africain de par ses gênes, il connaît la misère des milliers de Noirs vivant à Harlem, peut-être aussi celle de ceux de Somalie, il est noir ou plutôt métis disons-nous, mais pourra-t-il à lui seul relever le défi de la crise économique ? Il est vrai que le gouverneur de l’ Illinois avait comme priorité le relèvement de l’économie américaine et par là mondiale et la lutte contre la pauvreté, ayant même en tête de créer spécialement un ministère qui aurait en charge la lutte contre ce fléau. Nous lui souhaitons une très bonne chance ! Cependant, tant que notre homme fort du moment ne suivra pas les desiderata des multinationales américaines et du tout puissant lobby juif, nous craignons que l’humanité ne revive le triste sort de John Kennedy ou de Martin Luther King tous deux combattants de l’égalité et de la justice sociale.

Revenons tout de même à notre fameuse crise économique et la lutte contre la pauvreté. Apparemment nous n’avons pas à nous plaindre de la situation, n’ayant ni comptes ni actions à préserver dans les grandes banques internationales. Et puis, les flux et reflux de la bourse nous sont presque indifférents. Alors de quoi nous mêlons-nous donc ? Disons que ce qui nous amène à cette réflexion satirique, ce sont les 700 milliards de dollars US investis promptement pour relever l’économie mondiale en faillite qui a suscité en nous de multiples interrogations. La FAO aurait eu la moitié de cette somme qu’une bonne partie de la population mondiale en détresse aurait connu des jours heureux. Comme Raoul Follereau en son temps qui demandait seulement le prix d’un porte-avion pour bouter la misère du monde, nous sommes tentés de relancer le même cri d’alarme. Face à la misère d’un frère il n’y a pas de loi qui tienne si ce n’est celle de l’amour, donc de la charité, du geste qui sauve. Dans ce contexte donc de crise économique, l’Afrique habituée à tendre la main reste la grande muette, puisque des pays convoqués pour la résolution de la crise, seule l’Afrique du Sud représentait tout le continent. Si nous ne sentons pas en tant que telle la crise, disons qu’elle nous frappe cependant de plein fouet. Il va sans dire que les différents subsides connaissent des baisses considérables et même apocalyptiques. Déjà avant qu’éclate la débâcle des bourses, on parlait au Burkina de « vie chère » et même dans la sous-région.

En effet, cette «vie chère » a entraîné un « new way of life », un nouveau style de vie. Tout, en commençant par les produits de première nécessité, a vu une augmentation exponentielle entraînant en son temps une réaction vive de la population. Ça et là, partout dans la sous-région, des biens publics et privés furent la cible d’actes de vandalisme des plus déplorables. Maintenant que la crise économique mondiale s’est accrue, beaucoup se demandent vers où ou vers qui s’orienter. Les ONG qui s’activaient dans l’aide publique au développement voient leurs partenaires économiques se rétracter un peu parce qu’en difficulté. Un de nos quotidiens de la place titrait dans une de ses parutions ceci : « L’héritage papal bat de l’aile », parlant de la fondation Jean Paul II pour le sahel qui célèbre ses 25 ans d’existence, de service en faveur des pauvres. Malgré ce cri de détresse, peu seront les réactions en vue de secourir cette œuvre de lutte efficace contre la pauvreté dans nos sous-régions. C’est dire que souvent notre monde a une politique double. La crise économique est une urgence, elle est dangereuse pour la survie des devises mondiales, mais si l’ardeur, la promptitude avec lesquelles les grands de ce monde s’engagent à la combattre étaient un tant soit peu orientées vers la lutte contre le fléau de toujours qu’est la pauvreté, nous n’en serions pas là. Il y a plus de pertes en vies humaines causées par la pauvreté que par cette crise qui n’est que ponctuelle. Nous ne disons pas de ne pas engager des actions pour rétablir la balance économique, loin s’en faut ! Seulement l’engouement que suscite cette crise nous interpelle. Si les grands de ce monde s’unissent pour défendre leurs intérêts, il est plus qu’urgent que les pauvres s’entendent pour trouver une solution à leur pauvreté plutôt que de courir derrière ces grands auprès desquels ils ne sont que des pantins. Après d’ailleurs les USA, c’est l’Union Européenne qui vient de sortir de l’ombre avec un débloquement de 200 milliards d’Euros pour combattre la crise. Ainsi donc, il y a de l’argent ! Mais comme le disait quelqu’un, l’argent, ça ne se donne pas, ça se prête et on ne prête qu’aux riches ! C’est vraiment le lieu de le dire, l’argent ne va que là où il peut apporter plus ; sinon comment justifier que les combats menés par la FAO depuis des décennies ne trouvent pas de solutions parce que les bourses des Etats ne se délient pas facilement, alors que ce que nous constatons ces derniers temps dément les faits. L’argent existe, mais il ne sort que pour servir les intérêts des uns et des autres. Il y a de l’argent, disions-nous ! Pourquoi alors le retard dans le déploiement des fonds de lutte contre la pauvreté ? Simplement parce que lutter contre la pauvreté n’est pas bénéfique ! Cela n’est pas économique, mais relève plutôt de l’action sociale ! Et puis diront certains avec Will Rogers, « Nous ne pouvons pas être tous des héros ! Il faut bien qu’il y ait des gens pour applaudir quand les héros passent ! » C’est Dieu même qui l’a voulu ainsi : il y a toujours des riches et des pauvres, il y aura toujours des riches et des pauvres dans le monde ! Ceux qui devront applaudir, c’est certainement les pauvres. Parons donc aux plus urgents et bénéfiques !

Nous ne pouvons que dénoncer l’injustice car nous n’avons pas le pouvoir d’action directe. Nous ne sommes donc pas sortis de l’auberge. Entre crise économique et lutte contre la pauvreté où est la priorité ? Tout dépend de là où l’on se situe. D’aucuns diront qu’il faut bien avoir de quoi lutter contre la pauvreté avant toute entreprise et d’autres répliqueront que la pauvreté est très primordiale étant donné que la crise en elle-même ne touche souvent que le superflu de ce que l’on possède, le capital demeurant souvent intact ! Cependant, ayons le courage de le dire, si la communauté internationale s’insurge ainsi contre la crise au détriment de la lutte contre la pauvreté, il y a besoin de repenser le système économique mondial, il y a besoin que le message de Karl Marx : « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! » soit entendu par les pays pauvres ; non pas dans le sens voulu par le communisme, celui de domination du prolétariat, mais dans le sens de la solidarité d’action. La solidarité devrait être une des qualités reconnues aux pauvres. Au lieu de cela, nous voyons que nos pays entretiennent de constantes méfiances mutuelles allant jusqu’à l’expulsion d’éléments des territoires. Cette attitude honteuse entre pays frères, pays d’un même continent est des plus déplorables. Cela dit, pour eux, il ne faut pas qu’un pays compte sur un autre pour espérer un quelconque développement mais que chacun fasse la politique de ses moyens ; ce qui serait dommage et dommageable pour tous, car on a plus de chance de réussir quand on combat ensemble qu’en rangs dispersés. En ce sens, les grands de ce monde nous donnent une très bonne leçon d’union ou d’unité. Comme le disait Thomas SANKARA, quand un pays africain achète des armes, ce n’est pas pour lutter contre un pays européen mais c’est pour combattre un autre pays africain, donc un frère. Il faut que cela cesse et que vive l’unité.

Tout bien considéré, disons que résoudre la crise économique sans avoir en tête un mieux être de la communauté mondiale, ce serait seulement lutter pour plus d’injustice dans le monde et laisser le statu quo dans la société. La crise économique devrait interpeller sur la manière dont le monde évolue. Si l’on est passé du G8 au G20, cela est déjà un pas qui montre que le système économique mondial ne doit pas rester entre les mains de quelques entités sous prétexte qu’elles sont les poids lourds de l’économie mondiale. Au demeurant, la lutte contre la pauvreté devrait constituer la priorité des priorités pour un monde plus juste et plus humain. Nous en avons tous intérêt, riches comme pauvres.



Silvère YAMEOGO (6
ème Année)

 

 

Publié dans Libres propos

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Salam 02/02/2009 23:20

Chers frères et soeurs,
chers ami(e)s,
chers concitoyens,
Que la Paix soit sur vous.
Cette paix, nous la chérissons tous,
nous la désirons tous.
En France et ailleurs,
nous goûtons à cette paix depuis 1962 environ.
Jamais depuis notre vie ici n'a été menacée de basculer à cause de la guerre,
mais nous avons vu
-et certains d'entre nous ont connu ailleurs-
le drame et l'horreur inévitable que contient toute guerre.

En ces heures graves,
nous recevons la peine immense
des victimes de l'interminable guerre israëlopalestinienne.
Juifs, chrétiens de tous bords, musulmans de tous bords et autres
souffrent de ce sang qui coule à flots depuis 60 ans.
L'hémoragie de la Palestine ne s'interrompt que rarement,
dans des conditions insoutenables,
pour durée condamnée à s'écourter
et s'achever irrémédiablement dans de nouveaux assauts désespérés.

A chaque assaut de l'Etat d'Israël,
grandit dangereusement la haine du peuple juif,
le peuple Israël.
Chaque attaque baptisée riposte déclenche un nouveau massacre
et une nouvelle vague de hargne et de colère,
dont patissent les juifs du monde entier,
s'obligeant à défendre encore un rêve déchu qui leur est cher,
et sans lequel leurs souffrances passées ne sembleraient avoir de sens:
le rêve du rappel en Terre Promise,
récupéré par des idéologues de la conquête maximale à tout prix,
les sionistes.
Hier encore, seuls les fascistes et les néonazi,
ainsi que d'autres sortes d'extrémistes aux conceptions racistes
dénonçaient le sionisme.
Tant nous voulions pardonner et comprendre
après la détresse endurée sous le reich allemand.

Aujourd'hui, les horreurs et les violations de droits fondamentaux perpétrés
ont hissé -dans les nombreux esprits excédés- le peuple juif,
à nouveau, en "ennemi des peuples opprimés",
à cause de cette politique du bulldozer.
Les partisans de la paix y sont pourtant nombreux!
Ils aspirent à la paix
tout autant que nous aspirons
à conserver la paix ici.

Quant aux palestiniens,
tant de larmes ont coulé depuis six décennies,
mêlées à tant de sang,
tant de vies ont été fauchées ou confisquées,
tant de familles ont disparu ou été réduites à la terreur
et aux mauvaises moeurs des armées d'occupation
que l'on s'étonne toujours de les voir se battre encore,
avec dignité plus souvent qu'avec rage.

Aujourd'hui qu'Ehud Olmert annonce une nouvelle "riposte disproportionnée"
aux ripostes gazéennes qui ont fait deux morts après la pluie de bombes
qui chez eux a fait -aux dires des israëliens-
au moins 600 morts,
Aux dires du Hamas,
plus de 1300.
Depuis 1948,
750 000 palestiniens ont été victimes de cette guerre sans fin.

Levons-nous courageusement pour la paix:
envoyons un signe de paix pour les israëliens,
par un signe d'amour pour les palestiniens...

...Portons tous, chaque fois que nous en avons le droit
le kéfié palestinien.

Par cet acte, accompli par des français de souche,
des immigrés, des touristes, des juifs,
des descendants de la migration,
par toutes les couches de la population,
en tailleur et costume autant qu'en jean basquet,
nous pouvons montrer que nous aimons la Palestine,
que nous aimons les palestiniens,
et que lorsque l'on nous voit vivre des peines ou des moments de joie,
des moments de colère ou des moments de honte,
nous aspirons à la paix pour tous les hommes,
à la dignité pour tous les hommes et toutes les femmes,
au droit à la vie pour tous les enfants du monde.

Faites ce geste simple: portez le kéfié
pour dire tout ceci sans avoir autre chose à faire
que sourire et vivre en paix.

Que la paix, la grâce et la miséricorde soient sur vous,
et qu'innondant de vous,
elle coule jusqu'au peuple de Palestine.
Amîne.