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 Le Précurseur

Grand Séminaire Saint Jean Baptiste

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C.C.P. n° 216

 Burkina Faso

 

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le drenier N°

Éditorial  ..p.

(Ab. Constant GNANOU)

 

Saint Jean Actualité ..p.

( Benjamin ILBOUDO)

 

Page spirituelle.. p.

La Paix intérieure

( Joseph SOULI)

 

Page culturelle..p.

La libération de la jeune fille moaga)

( Innocent KERE)

 

Dossier ....p.

(Leçon d'histoire pour la culture de la paix durable au Burkina Faso)

( Abraham NABA)

 

Libres Propos….p.

( Wensceslas Daleb MPASSI)

 

Poèmes…p.

 

(Dieudonné DOMBA)

Les Mémoires soutenus

 

Les thèmes des mémoires soutenus en juin 2007

 

1– KABRE André: Le mouvement Eucharistique des Jeunes ( MEJ) au Burkina Faso. Approche pédagogique pour un nouveau souffle

2- SOME Louis Armel: Le suicide en milieu Wulé ( Approche socio-anthropologique du phénomène et perspectives pastorales)

3– SANOU Michaël B.: «Voulez-vous partir aussi?» Jn 6,67 ( Essai de Réflexion Théologique et pastorale sur la Désertion des Enseignants Catholiques dans le Diocèse de Banfora)

4–  BASSOLE Augustin: La Vérité comme Chemin de libération (Approche Théologico-morale  et pastorale pour un meilleur témoignage du chrétien dans le monde)

5– KONSEIBO Raoul: «’amour est possible» (DCE n°39) (Apport de l’Encyclique Deus Caritas Est de Benoït XVI pour un dynamisme de la charité au sein de l’Eglise– Famille de Dieu au Burkina  ( Dans le contexte culturel Moaga)

6– IMA Jean-Paul: Les Petites Communautés Ecclésiales ( PCE) Une chance pour les CCB (Contribution théologique et pastorale à la nouvelle expérience pastorale en cours dans le diocèse de Kaya)

7– OUATTARA Théophile: Hüphaa, le Dieu des Jâana, et le Dieu de Jésus Christ. De la confrontation à l’intégration

8– BALIMA Matthieu: Le phénomène des Feuilletons au Burkina Faso ( Perspectives théologico-pastorales)

9- OUOBA Ernest: La Justice et la Miséricorde de Dieu dans la vie et l’Enseignement de Saint Alphonse de Liguori: Leçons pour un approfondissement  Spirituel dans l’Eglise-Famille du Burkina

10- OUEDRAOGO Cyprien: Pragmatisme et Prière de demande ( Une manière d’aborder quelques problèmes de la Foi Chrétienne, chez les Taolense)

11– SINARE Achille: Logique et Impératif chrétien ( Approche Théologico-pastorales du devoir de témoignage)

12– SAKOURI Jean-Pierre: Les agents de Santé Catholiques face à la contraception (Pour une pastorale adaptée à l’endroit des praticiens de la santé dans l’Eglise-Famille du Burkina)

13-SANHOUIDI Gautier: Rendre la Bible accessible à tous ( Un chemin pour proposer Jésus Christ aux hommes d’aujourd’hui)

14– ARAYE Richard: L’Amour parental dans l’Éducation des Enfants aujourd’hui à la lumière de l’Écriture Sainte ( Le Livre de Tobie comme paradigme)

14- KOUSSOUBE Paul: Tentation d’une Éthique Idolâtrique ( Perspectives pastorales pour un Meilleur Choix Éthique)

16– BAZONGO Arsène: La Communauté Religieuse de nos jours ( Quelle Fraternité?)

17– YAMEOGO Pascal: L’engagement Chrétien dans l’Accompagnement des Malades ( Chemin d’Évangélisation aujourd’hui dans l’Église Famille de Ouagadougou)

18– ZOUNGRANA Paul: Le Charisme Camillien en Terre Burkianbè ( Quarante ans de Présence Camillienne au Burkina Faso: Bilan et Perspectives)

19– DAMOUE Sylvain: Le Beau, Chemin vers Dieu ( Approche Théologico-Pastorale des Affiches des OPM de la Conférence Episcopale Burkina-Niger)

20– LOMPO Olivier: Le chrétien Moaaga face au changement d’horizon axiologique (Apport Ethico-Théologique et Pastoral pour un Discipulat incarné  dans le Diocèse de Kaya)

21– SAWADOGO René :Yoga et Prière Chrétienne (Essai d’Exploitation des Techniques du Yoga au Service de la Prière Chrétienne)

22—SAWADOGO Évariste:  «Restez-vous là à Regarder le Ciel?» ( Contribution Théologico-Pastorale pour l’Enseignement Baptismal dans la Paroisse de Kwentou)

23 - GUIATIN Hermann: L’Enseignement Chrétien dans la Paroisse de Pouytenga: Réalité ou Utopie? (Contribution Théologico-Pastorale pour un nouvel Élan Ecclésial dans la Paroisse de Pouytenga, 50 ans après sa création)

24– OUEDRAOGO P. Achille : Béatitudes et Société (Approche Théologique des Béatitudes selon Saint Luc pour une Redécouverte de leur Réalisme social Aujourd’hui)

25 - OUERMI François: La charité Fraternelle au Service de la Mission (Approche Théologico-Pastorale pour un Renouveau Missionnaire dans les Communautés Rédemptoristes de la Vice-Province Burkina-Niger)

 26– SORGHO Pascal : De l’Eucharistie au Développement: (Approche sur la Pastorale Sociale de l’Eglise Diocésaine de Maradi).

Dimanche 10 mai 7 10 /05 /Mai 16:39

PAGE CULTURELLE

 

La famille et ses caractéristiques chez les Ewé du Sud Togo

 

Introduction.

Chez les Ewé du Sud Togo, la notion de la famille a une dimension très large. Elle dépasse les liens de parenté et peut couvrir tout un territoire. La cellule familiale est le lieu idéal où l’être humain fait l’expérience de la vie  commune. En plus des Ewé, d’autres ethnies ayant la même racine occupent le Sud Togo : les Aja-Ewé, la Ewé-Ouatchi et les Gєn. Dans le cadre de notre étude sur le sens de la famille, nous nous intéresserons davantage aux Ewé.  Signalons que le terme « Ewé » désigne aussi bien l’ethnie que la langue. Notre travail s’articulera autour de deux points à savoir : d’abord l’origine et l’organisation sociale chez les Ewé du Sud Togo et enfin la notion de famille et ses caractéristiques.

 

             I.      Origine et structure de la société chez les Ewé du Sud Togo.

Les Ewé qui font partie des peuplements du Sud Togo sont originaires d’Oyo au Nigéria. Partis du Nigeria, ils ont traversé le Dahomey (actuel Bénin) pour s’installer d’abord à Tado au Sud-Est et plus tard à Ŋotsé vers l’an 1720 sous le règne du roi Agokoli. Ceux qui sont restés à Tado vont former le royaume Aja avec pour chef-lieu Tado, et ceux qui ont élu domicile à Ŋotsé vont former le royaume Ewé qui a pour chef-lieu Ŋotsé. L’organisation sociale était donc structurée en royaumes et basée sur le principe de la hiérarchie et sur les liens de parenté. Ce sont ces liens de parenté qui déterminent l’appartenance d’un Ewé à tel ou tel groupe culturel donné. A la tête de chaque royaume il y a un Roi, être sacré, de qui dépend la prospérité du peuple. Il est conçu comme l’expression la plus complète et le sommet de toute l’histoire de ce peuple. C’est à partir de ces deux royaumes que les différents groupes se sont dispersés sur tout le Sud du Togo fuyant les traitements inhumains et dégradants que leur infligeaient leurs rois. Autour d’un grand-père se regroupe un certain nombre de familles pour former une concession. Plusieurs concessions forment un quartier et plusieurs quartiers un village. A la tête de ces différentes structures se trouve un chef qui, entouré de ses notables, administre ses sujets en leur assurant la justice, la paix et le progrès social.

 

Structure.

 

Pour que la vie commune soit possible, pour qu’il y ait de l’ordre et de l’harmonie sociale, il faut dans toute société une certaine forme d’organisation. Les sociétés traditionnelles africaines ont des formes d’organisation socioculturelle qui favorisent la vie commune de leur peuple. C’est le cas du peuple éwé du Sud Togo. L’organisation de la société chez les Ewé repose à la fois sur la reconnaissance du principe de la hiérarchie et surtout sur les liens de parenté. C’est elle qui détermine l’appartenance d’un Ewé à tel ou tel groupe culturel particulier. Toutes les activités s’organisent autour des liens de parenté : les activités religieuses, économiques, socioculturelles etc. La famille, le village et le canton constituent les différentes structures de la société éwé. Le pouvoir politique est incarné par les chefs de ces structures respectives.  

 

          II.      La notion de la famille et ses caractéristiques.

A.           La notion de la famille

La notion de famille comme dans la plupart des sociétés africaines est très vaste. Elle

s’étend au-delà des personnes qui sont unies par des liens étroits de parenté, des liens de sang, descendants d’un même grand-père ou d’un même ancêtre. Elle regroupe donc tous les habitants d’une même concession, d’un même quartier ou d’un même village. Aussi, à l’étranger par exemple, les habitants d’un même pays se considèrent spontanément comme membres de la même famille.

 

B.           Les caractéristiques de la famille.

 

a.      Les différents types de famille.

Nous pouvons distinguer trois types de familles chez les Ewé du Sud Togo :

  1.  
    • La famille nucléaire ou conjugale qui est composée naturellement de père,

de la mère et des enfants.

  1.  
    • La famille élargie ou le lignage qui est le regroupement de plusieurs familles

conjugales. C’est ici qu’on retrouve les grands-parents, les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, les petits-enfants, les neveux, les nièces. Eux tous se réclament d’un ancêtre commun précis dont on peut remonter l’histoire. 

  1.  
    • Enfin le clan ou la famille clanique : les membres se réclament d’un ancêtre

commun fondateur mais souvent mythique ou légendaire et ont les mêmes rites et obéissent aux mêmes interdits. Ils n’habitent pas forcément le même territoire.

 

b.      L’importance et  les obligations liées à la famille.

Fondées sur le principe  de la hiérarchie, les composantes de la famille se présentent de la manière suivante : les personnes âgées, le chef de famille, les hommes, les femmes, les jeunes gens (garçons et filles) enfin les enfants. A la tête de chaque famille il y a un chef de famille. C’est le père de famille. Il a pour rôle principal de veiller sur la famille et de subvenir à ses besoins matériels et rituels, de bien conduire la famille pour que chacun y trouve son épanouissement intégral. Il est détenteur d’autorité à la fois politique, sociale et religieuse et est considéré comme le protecteur de la famille. Tous les membres de la famille lui font entièrement confiance et recourent à lui en cas de danger. Sa présence au sein de la famille rassure. Son absence inquiète. Aussi, se fait-il remplacer par son frère cadet à qui revient la lourde responsabilité de veiller sur la famille de son frère aîné jusqu’à son retour.

En tant que chef de famille, il est considéré comme le dernier maillon d’une chaîne qui relie au « Bléma », c’est-à-dire au temps ancien, temps qui soutient le présent. D’où la nécessité pour les jeunes, de recourir à lui pour se cultiver et se former à la sagesse de la tradition en attendant leur mariage. Car, dès qu’un garçon se marie, il construit sa concession et quitte ses parents pour fonder sa famille conjugale dont il a désormais la charge de responsable de famille. Quant aux filles, elles quittent la maison de leurs parents dès leur mariage pour aller habiter chez leurs époux. Mais une fois qu’elles auraient achevé leur tâche de mères des enfants de leur mari, ces femmes désormais âgées, pourront revenir, si elles le veulent, à la maison de leur enfance et jouer leur rôle de tantes paternelles. Ce rôle très estimé, les associe directement au chef de famille appelé aussi ancien. Leur parole est tenue en grande considération surtout dans des décisions importantes et leur participation aux côtés du chef de famille dans les rites ancestraux est indispensable. 

La famille occupe une place importante dans la société éwé car elle constitue la première cellule où les enfants reçoivent leur éducation. Elle défend son prestige et sa dignité en inculquant dans le cœur de ses membres le sens de l’honneur et du sacrifice jusqu’au don de sa personne. Ainsi les valeurs intrinsèques à l’éducation humaine, spirituelle et religieuse sont inculquées aux enfants dès leur bas âge pour structurer leur « être éwé » et les préparer aux futures responsabilités sociales. Ces valeurs ont pour nom l’obéissance et la soumission, le respect de l’aîné et l’esprit de service envers tout homme, l’ouverture et l’accueil de l’autre surtout lorsqu’il s’agit de l’étranger, car « Mawu », c’est-à-dire Dieu se manifeste à travers eux ; la solidarité et l’entraide mutuelle, le sens du bien commun et le dévouement, l’esprit de sacrifice et d’abnégation, le courage et la bravoure, l’endurance et la persévérance, l’amour de la vérité et du travail, l’honnêteté, la sincérité. Chez les Ewé, il n’y a pas d’activités typiquement féminine ou masculine. Aussi, le garçon comme la fille prend part activement à toutes les activités du groupe culturel ; par exemple faire la cuisine etc.   

D’autre part, le régime familial éwé qui est de type patrilinéaire influence beaucoup la vie socio-culturelle. Le système éducatif de la famille est fortement structuré sur l’autorité masculine, jouissant du soutient des sœurs du père de famille. Les autres hommes collaborent dans l’ordre de la soumission tandis que les femmes s’adonnent à l’œuvre féconde de culture des champs et de la procréation des enfants. Quant aux enfants, ils aident leurs parents dans les travaux domestiques ou champêtres. La vie conjugale s’affermit avec la vie commune et lorsque les naissances sont nombreuses : les fils font la joie et l’unité du foyer. Cette unité atteint d’une certaine manière son indissolubilité lorsqu’une naissance gémellaire intervient dans la famille.

 

c.       La conception des jumeaux et leur place dans la famille.

   Les jumeaux sont considérés chez nous comme des êtres sacrés qui participent à la fois à

la vie de la famille humaine et à celle de la nature (brousse et forêt). Ils sont dotés de pouvoirs semblables à ceux des sorciers leur permettant de contrarier l’action de ces derniers. Ils ne sont pas sorciers mais ont seulement un pouvoir semblable ou presque supérieur à eux. Ils possèdent le même ancêtre « Dzoto », ce qui fait qu’ils partagent souvent les mêmes sentiments, les mêmes malaises, les mêmes joies et les mêmes soucis. Selon la tradition, les jumeaux seraient les premiers êtres humains apparus sur la terre lorsque celle-ci était encore humide. On croit qu’ils portent en eux la vie dans toute sa complexité de dynamismes positifs et aussi de tensions maléfiques. Leur naissance dans une famille est donc interprétée comme un événement de bonheur et d’appréhension, car c’est la manifestation d’une puissance qui demeure très mystérieuse. Si un des jumeaux venait à décéder, on doit lui substituer une statuette qui symbolise sa présence permanente au sein de la famille. Elle a d’ailleurs droit à tous les respects dus aux humains. Il y va de l’intérêt de la famille et surtout de l’avenir du second qui vit toujours. La naissance gémellaire entraîne pour les parents, une réclusion rituelle de la vie quotidienne jusqu’au terme des sacrifices requis. Dans la pensée religieuse en général, l’enfant est conçu comme une réincarnation des ancêtres. Et à leur naissance, la consultation de l’oracle doit être faite pour identifier l’ancêtre en question afin de pouvoir s’acquitter des rites complémentaires pour le bien de l’enfant et de la famille.

 

d.      La place du devin dans la famille.

 

§        Nature et fonction du devin.

La fonction du devin se présente comme une fonction à la fois sociale et religieuse de première importance sans laquelle nous vivrions au hasard et manquerions de contrôle et de maîtrise sur notre existence. Le devin a un rapport étroit avec la famille humaine chez les Ewé du Sud Togo, car l’existence humaine est subordonnée à la consultation de l’oracle.

Le devin n’est pas nécessairement un prêtre des Vodous, mais une personne dont la fonction consiste à interpréter les mystères de la vie, à apporter les messages des divinités, à procurer des directives pour les affaires de tous les jours, à découvrir le passé, le futur pour mieux organiser le présent. Grand sage du village à qui le monde recourt, il se doit d’acquérir une profonde connaissance de la nature humaine et des sciences occultes. Pour que sa fonction atteigne toute sa dimension, il ajoute ordinairement à la voyance, la connaissance des plantes et des médicaments.

§        Comment devient-on devin ?

La fonction du devin est une fonction qu’on tient des divinités. Elle est innée. Aussi appartient-il aux experts de chaque clan de la discerner chez ses membres. Ce discernement qui confirme le choix devra être authentifié par une consécration solennelle au cours de laquelle il est procédé à des impositions des mains accompagnées de paroles incantatoires et de bénédiction. Toutefois, l’élu doit suivre une formation qui lui permet de s’habituer aux techniques de son art, de découvrir les secrets ésotériques de cette science occulte et de recueillir les nombreuses connaissances mythiques nécessaires à l’interprétation des signes. Cependant, on trouve des devins spontanés, agissant directement et sans préparation préalable sous la mouvance, croit-on, d’un esprit. Mais ce sont des cas isolés, insolites.

 

e.      La vie quotidienne au sein de la famille.

Le point final de toute une journée d’activité c’est la case qui est en même temps le point d’un nouveau départ. C’est pourquoi la construction et l’aménagement des cases d’habitation recèlent un aspect important de la vie de la famille et du village. Au temps des royaumes de Tado et de Ŋotsé, les cases de notre aire culturelle sont des constructions rectangulaires ; cela permet une meilleure utilisation de l’espace. Cependant la tradition s’est conservée jusqu’à nos jours que le roi doit loger dans une case ronde parce que selon la tradition des anciens, les ancêtres auraient vécus dans des cases rondes. Lieu d’habitation, ces cases abritent aussi le mobilier et la vaisselle nécessaire à la vie familiale.

   Un autre objet caractéristique de toute case d’habitation est le « Siège ». Il constitue le mobilier indispensable pour l’entretien des rapports sociaux. C’est d’ailleurs ce qu’on offre souvent en signe d’accueil avant toute autre chose à quelqu’un qui vient vous rendre visite. Certains sièges en forme traditionnelle à cinq pieds sont gardés à part comme objets cultuels. On les considère comme une sorte d’autel des ancêtres, dont on renouvelle la force par un lavage rituel à l’occasion des fêtes et devant lequel on verse par terre le sang des sacrifices. Les objets et le mobilier que la case contient font d’elle une sorte de petit monde en miniature qui demeure rattaché aux ancêtres, grâce  à la vénération de leurs sièges (dans les familles qui sont gardiennes de ces souvenirs), de leurs anciens sabres (pour le cas des guerriers) et les lances (dans le cas des chasseurs). Quotidiennement, on demande leur protection par de simples gestes en leur honneur tel celui de leur verser par terre une gorgée d’eau lorsqu’on boit, ou un peu de nourriture cuite quand on mange.  

La vie domestique de la famille n’occupe qu’une portion de la journée. D’autres lieux accueillent les hommes pour les autres temps. D’abord celui du travail, qui jadis consistait essentiellement dans la forge pour les forgerons, la rivière pour les pêcheurs, la brousse et le champ pour les agriculteurs. Pour les femmes, il y a aussi le champ et ensuite le puits où elles font la provision d’eau pour le ménage quotidien. Pour tous il y a enfin le marché qui est le lieu du rassemblement et de la manifestation de la vie sociale, une fois tous les cinq jours (ou tous les quatre jours). La fréquentation de tous ces lieux est nécessaire pour le déroulement de la vie quotidienne de la famille. Ceux qui en sont sortis pour un temps (tels les devins et les adeptes dans la période initiatique) doivent y être reconduits rituellement à la fin de leur réclusion : on les accompagne aux lieux du travail, puis au marché et enfin devant leur case, où a lieu le rite qui leur permet d’y entrer pleinement en qualité d’époux. C’est là, en effet, le lieu d’intimité où la famille se réunit et où pousse la génération nouvelle.

Quant à la célébration des fêtes, elle revient une fois l’an : fête des récoltes ; fête des ignames ; fêtes du haricot etc. Son point culminant est le spectacle du Tam-Tam que l’un ou l’autre quartier présente à tout le village. L’exécution exige un certain nombre d’instruments de musique et des mois d’entraînement (les castagnettes, les gons etc.) et des pagnes neufs ou renouvelés. Ensuite on s’assure la protection des ancêtres et des Vodous par la célébration des grands sacrifices. Dès que le Tam-Tam commence à retentir, tout le monde se dirige vers la place publique, le lieu de rassemblement pour participer à la réjouissance populaire. Personne ne veut se laisser conter l’événement qui n’a lieu qu’une fois l’an.

 

C.           Quelques aspects du mariage.

Le mariage fait partie intégrante de la vie sociale chez les éwé. Le célibat n’existe pas et n’est même pas évoqué. Chaque personne est appelée à s’assurer une descendance sans laquelle elle aurait vécu  inutilement. Chez les éwé, ne pas avoir d’enfant constitue une grave malédiction de la nature. Celui qui n’est pas marié est peu considéré et n’a pas de voix dans les assemblées. La fécondité est un grand bien que les éwé se souhaitent mutuellement. Celui qui meurt sans avoir un enfant est un maudit, un être sans valeur. Pour s’assurer une progéniture légitime, reconnue par tous, il faut donc se marier.

 

Conclusion.

Ce dossier nous a permis d’avoir une vue panoramique sur le sens et de l’importance de la famille dans le milieu culturel éwé du Sud Togo. Nous ne prétendons pas à avoir épuisé tous les contours de la notion de famille. D’autres aspects qui ont des ramifications avec la famille méritent d’être approfondis comme le veuvage, le culte et la religion, les funérailles etc. Au demeurant, la famille reste le lieu idéal pour l’éducation des enfants, relèves de demain.



                               
Frère Mater Consolator AKAKPO-NUMADO (fmi).

Par Le Précurseur - Publié dans : page culturelle - Communauté : Congo Actu
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Professeurs délégués:

                   Ab. Guillaume YAMEOGO

                       Ab. Pierre Claver MALGO

Directeur de publication :

                       Ulrich NIAMBA

Rédacteur en chef :

                       Pascal KYELEM

Rédaction :  

                     Abraham NABA

                   Félix OUEDRAOGO

                   Roméo BICABA

                   Wenceslas Daleb MPASSY

                   Sylvère NABALOUM

                    

       

Secrétariat-Archives:

                   Joseph SOULI

                   Eric Armand MEDAGBE

 

Illustration–Mise en forme :

                   Ulrich NIAMBA

                       Eric Armand MEDAGBE

                   Pascal TINDANO

 

Diffusion : 

                   Jean Pierre PARE

                   Simplice SOME

                   Yves YAMEOGO

                 

Gestion :         Paul KOUSBE

                   Marius COMPAORE

 

 

Saisie :        Secrétariat du Grand Séminaire

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